Dire non, ce n’est pas de refus!

  • 2017-10-16

Il est rare que nous aimions dire non. Comme si refuser quelque chose à quelqu’un faisait de nous une personne négative. Pourtant, savoir dire « non » est un outil essentiel de l’affirmation et du respect de soi.

Cent « non » font moins de mal qu’un « oui » que nous ne tenons pas.

(proverbe chinois)

En effet, lorsque nous prenons l’habitude de tout accepter, nous courrons de grands risques : surmenage, déception, frustrations, mais surtout, nous renforçons notre perception que nos propres besoins ne passent pas avant le reste. C’est un peu comme si vous vous disiez constamment « je n’en vaux pas la peine » ou « les sentiments des autres sont plus importants que les miens ». Il devient ainsi de plus en plus difficile d’établir vos limites et de les faire respecter : « Lorsque vous dites oui aux autres, faites en sorte de ne pas dire non à vous-même », écrit Paulo Coelho. En somme, si vous refusez de refuser, vous perdez votre liberté : liberté d’être, liberté de choisir, liberté de vous exprimer.

Pourquoi est-ce si difficile de dire non?

Pour la plupart des gens, dire non demande un effort. Toute démarche réfléchie commence par une exploration des causes qui expliquent le comportement problématique : c’est le point de départ qui permettra de le modifier. C’est à cette étape que vous pourriez vouloir être accompagné par un ou une coach et profiter ainsi d’un regard extérieur expérimenté. Et si vous entamiez cette exploration à partir de trois axes principaux?

La peur

La peur est une émotion essentielle qu’il faut apprendre à maîtriser. Son rôle consiste à nous mettre en garde contre un danger potentiel et à nous préparer à y faire face. Cependant, il arrive que la peur soit mal fondée, ou encore, qu’elle n’ait aucune commune mesure avec la réalité. C’est dans ces moments qu’il faut apprendre à nous affranchir des peurs qui nous empêchent d’avancer. Parmi ces angoisses malvenues qui nous empêchent de nous affirmer en refusant, mentionnons : la peur du conflit, la peur du jugement ou de la critique, la peur de passer pour un égoïste, la peur de déplaire ou de blesser, la peur du rejet et tant d’autres.

Les croyances

Notre psyché et notre façon d’être sont bien évidemment formées en partie par nos croyances. Ces dernières proviennent de sources variées : nos parents, nos amis, notre culture, nos expériences de vie… Nos croyances tiennent lieu de frontières pour nos comportements. Tout comme les peurs, elles sont souvent salutaires, mais elles peuvent dans certains cas s’avérer un obstacle à l’affirmation de soi. Voici quelques croyances qui entravent notre liberté à établir nos limites : il faut faire plaisir aux autres, il ne faut pas choquer notre entourage, il est impoli de refuser, il faut toujours être présent pour les autres, etc.

Le manque de confiance en soi

Il va sans dire que le manque de confiance en soi et d’estime de soi est un obstacle considérable à l’affirmation de soi et à l’affirmation de sa personnalité. Quand nous manquons de confiance en nous, nous avons tendance à penser que nous vallons moins que les autres, nous pouvons entretenir l’impression qu’il nous est impossible de refuser ou pire, que nous n’en avons pas le droit!

Dire « non » pour les bonnes raisons

En préparation à votre démarche de coaching, vous pourriez examiner les raisons qui vous motivent sur le chemin du changement. Ces raisons peuvent aussi constituer des balises qui vous éviteront de tomber dans l’excès et de devenir la « poupée qui fait non, toute la journée »!

La première raison de vouloir apprendre à dire non aux autres, c’est de vouloir dire oui à nous-mêmes. Placer nos désirs et nos besoins en priorité nous force à prendre soin de nous et nous place en meilleure position pour aider les autres ensuite. En effet, lorsque nous acceptons sans discrimination les demandes qui nous sont faites, nous négligeons ce qui est important pour nous et nous risquons l’épuisement.

Ensuite, apprendre à refuser ce qui ne nous convient pas nous permet de nous affirmer, de reprendre confiance en nous. En nous débarrassant de l’habitude de fonctionner en pensant d’abord aux besoins des autres, il devient possible de s’intéresser à nos propres besoins et désirs, et de leur donner toute l’importance qui leur revient.

Parallèlement, en nous disant oui, nous renforçons notre estime de nous-mêmes. C’est d’abord en reconnaissant, puis en valorisant nos désirs et nos besoins que nous pouvons construire notre estime personnelle. De plus, vous pourriez constater qu’en valorisant vos besoins et vos désirs, votre entourage le fera aussi!

Par ailleurs, c’est en refusant, avec compassion et sans peur du rejet, que vous arriverez à tenir à distance les gens toxiques qui voudraient, consciemment ou non, abuser de votre bonne volonté. Savoir dire non vous aide à établir vos limites et à les faire respecter. En d’autres mots, il s’agit d’un mécanisme de protection efficace.

Enfin, savoir dire non est la pierre d’assise d’une communication saine.

Apprendre à refuser

Armé de votre détermination et de votre motivation, connaissant les obstacles que vous aurez à surmonter et porté par les raisons qui vous poussent à apprendre à dire non, vous êtes sur la bonne voie. Permettez-moi tout de même de vous proposer quelques pistes pour réussir.

  • Exprimez-vous clairement et fermement, sans montrer d’hésitation ou de faux regret. Exprimez-vous au « je », et si vous avez à refuser une demande de personnes que vous connaissez peu ou pas du tout, n’hésitez pas à faire sentir votre détermination dans votre voix.
  • Évitez de présenter des excuses ou des justifications pour votre refus. D’abord, parce que vous risquez que votre interlocuteur insiste et essaie de vous convaincre, mais surtout, parce qu’il n’est pas nécessaire d’offrir de telles justifications. Entraînez-vous à refuser sans agressivité, mais sans vous défiler non plus. Vous gagnerez en respect, pour vous-même et vis-à-vis des autres.
  • Cultivez votre égoïsme! Il est tout à fait sain de penser à nous en premier : comment, autrement, pourrions-nous être en mesure d’aider les autres si nous ne sommes pas au meilleur de notre forme? Pensez à vous, identifiez vos priorités, caressez vos désirs. Ceux qui vous traiteront d’égoïste veulent en fait que vous vous préoccupiez d’eux en priorité; ils sont… égoïstes!
  • N’hésitez pas à prendre votre temps pour répondre, quitte à demander un délai. Vous pouvez aussi proposer des solutions de rechange : « Je ne peux pas t’aider aujourd’hui, mais je suis libre la semaine prochaine. » Votre refus ne vous dévalorisera pas aux yeux des autres, en fait, il se pourrait qu’ils vous respectent davantage encore.

En somme, il s’agit d’atteindre un équilibre entre vos besoins et ceux des autres, tout en cultivant l’ouverture et l’écoute. Vous arriverez ainsi à renforcer votre confiance en soi et votre estime pour vous-même.

Qu’attendez-vous pour commencer à refuser?

 

Isabelle Leduc, Coach professionnelle certifiée

www.vitalitecoaching.com

Écrit en collaboration avec Mélanie Rivet

PARTAGER CET ARTICLE /Share on LinkedInShare on FacebookShare on Google+Email this to someone

Écrire une réponse